Je veux vivre à la campagne !
Par Néorural le lundi, octobre 26 2009, 23:13 - Lien permanent
Je suis un citadin. Je suis né en ville et j'y ai toujours vécu. Lorsque je regarde la situation et la vie des autres, je sais que je n'ai pas à me plaindre. J'ai eu un environnement familial sain, je n'ai pas eu de problème particulier durant ma scolarité et j'ai pu suivre toutes les études que j'ai voulu. Aujourd'hui, j'ai un emploi satisfaisant et bien payé, j'ai pu largement aménager mon contrat selon mes désirs. J'ai donc un bon revenu et pas mal de temps libre. Je vis dans un grand appartement, j'ai pas mal d'amis et j'ai les moyens de m'offrir ce que je souhaite, qu'il s'agisse d'appareils électroniques, de sorties ou de vacances.
Et pourtant, sans être malheureux, je ne suis pas du tout satisfait de ma façon de vivre.
Lorsque j'étais adolescent, j'ai pris conscience de plusieurs choses, telles que l'injustice de la société occidentale qui crée beaucoup de pauvres et peu de riches, l'injustice du monde qui appauvrit les pays du sud et enrichit les pays du nord, le coté éphémère de la vie, le coté insignifiant de la Terre dans l'univers ou d'un individu humain sur terre, les destructions de l'environnement dues à notre mode de vie ou à la recherche profits.
J'ai assez vite acquis la conviction que tout ceci ne tournait pas rond et que je ne souhaitais pas y participer. S'en est suivi un choix assez limité : me suicider, m'exiler vivre en ermite dans les bois ou en clochard sous les ponts, ou continuer à vivre "normalement" en essayant d'adapter mon quotidien à mes convictions mais sans nuire à mon intégration sociale en attendant de trouver un moyen de les mettre en pratique le mieux possible.
J'ai choisi la dernière solution.
En parlant de convictions, voici en vrac quelques unes de mes convictions phylosophico-politico-je-sais-pas-quoi dont certaines me sont venues plus tard :
- pas la peine de s'en faire pour des trucs ou des gens pour lesquels on ne peut rien faire, je ne pleure donc plus lorsque je vois des images d'enfants mourant de faim ou victimes de guerres
- notre mode de vie ne devrait pas être nuisible à l'environnement
- l'espèce humaine est néfaste car la seule capable et en train de détruire les autres
- la société de consommation ne rend pas heureux et détruit l'environnement
- la recherche sans fin de croissance et de développement n'a aucun sens
- la religion chrétienne met la nature et ses espèces au service de l'homme et justifie ainsi les pillages et les destructions
Pour parvenir à vivre plus ou moins en accord avec mes convictions sans sacrifier ma vie sociale, j'ai commencé par appliquer un principe simple : moins je consomme, moins j'ai besoin d'argent, moins j'ai besoin de travailler. Ce qui présente de nombreux avantages. D'abord, si je travaille moins, je produis moins. Je participe donc moins à la croissance, à la surexploitation des ressources, à la production de polluants divers et de gaz à effet de serre. Et, bien entendu, je dispose de davantage de temps libre pour vivre ma vie. Si je consomme moins, c'est un peu pareil. Mais en plus, j'économise le temps de shopping, je possède moins de choses inutiles et encombrantes etc. Et je me passe des plaisirs immédiats et futiles qui tendent à remplacer les expériences riches et les liens sociaux.
Mais, pour ne pas sacrifier mon intégration sociale (familles, amis etc.), je consomme tout de même les choses "standards" comme le matériel informatique, audio-visuel (lecteur DVD, chaîne HI-FI) etc.
Ca fonctionne plutôt bien.
Mais aujourd'hui, je pense avoir trouvé la bonne voie : vivre à la campagne avec mes amis et rechercher l'autonomie.
Commentaires
vivre à la campagne ... c'est sur que ça change la vie ! Ces campagnes sont agréables, avec leurs contraintes et parfois le désert culturel ....