Le blog d'un néo-rural

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lundi, mars 1 2010

L'acquisition de connaissances et de savoir-faires

En tant que pure citadin ignorant tout de l'agriculture, de l'élevage, de la construction ou même de la vie en groupe, mieux vaut s'instruire avant de se lancer !

J'ai en fait toujours été intéressé par des savoir-faire pratiques, lorsque j'étais adolescent je rêvais de faire tous les apprentissages possibles afin de savoir travailler le bois, de savoir faire de la mécanique, de construire des maisons etc.

J'ai suivi quelques cours de poterie, lut des bouquins et visité des éco-lieux pour étudier les techniques qui y étaient mises en oeuvre. Là, j'ai pu faire de la peinture, des enduits, des murs en pierre, du ciment, des murs en paille, des coffrage etc.

Tout ça est très intéressant car, même si on ne s'improvise pas maçon ou charpentier, le fait d'avoir déjà vu un chantier et d'y avoir mis la main à la pâte permet de "désacraliser" le sujet et de se mettre à l'esprit que les différentes tâches liées à la construction d'une maison ou à l'exploitation d'un terrain sont accessibles.

Reste l'expérience, qui s'acquière avec le temps et les conseils des spécialistes qu'il ne faut pas négliger !

jeudi, janvier 7 2010

La constitution d'un groupe

Parmi mes amis proches, nombreux sont ceux qui sont politisés ou partagent mes convictions. Avec certains, nous avons naturellement souhaité constituer un groupe pour discuter d'un projet de vie et à la campagne et le faire avancer.

Au début centré sur un noyau dur, le groupe s'est peu à peu étendu à des amis d'amis et nous nous retrouvions régulièrement (environ une fois par mois) pour discuter.

Toujours conviviales, les réunions avaient tendance à ne pas faire avancer le projet, tant les objectifs, motivations et craintes de chacun ne semblaient pas toujours harmonieuses. Il s'avère qu'en réalité, il s'agissait le plus souvent de querelles de mots, l'objectif principal de vivre une vie simple dans un lieu permettant l'autonomie pour subvenir par nous-même à nos besoins en produisant notre nourriture et notre énergie et en limitant au maximum nos interactions avec la société capitaliste semblait largement partagé.

De plus, chacun avance à son rythme dans la vie et tous ne sont pas prêts à s'investir de la même manière au même moment. Et certains sujets très sensibles et fondamentaux n'ont pas été abordés en profondeur. En particulier le financement.

Certains membres du groupe avaient de l'argent. Soit parce qu'ils travaillaient à plein temps pour de bons salaires depuis plusieurs années, soit en raison d'une situation familiale avantageuse (par exemple pour ceux qui vivaient chez leurs parents) ou simplement parce qu'ils avaient été plus prévoyant ou moins dépensiers.

D'autres n'avaient presque aucune épargne. Peut-être parce qu'ils n'avaient pas pu ou pas voulu entrer réellement dans la "vie active" et s'étaient contenté de petits boulots occasionnels et mal payés.

Comment faire ? Il semblait admis par tous qu'il était préférable que chacun soit propriétaire du lieu à parts égales et que la vente de sa part ne devait pas se faire sans consultation du groupe. La forme juridique de la propriété en indivision semblait adaptée. Fallait-il ensuite chercher un terrain qui convienne aux plus petits budgets ? Ou que chacun investisse selon ses moyens, peu pour ceux qui n'avaient pas d'épargne et beaucoup pour ceux qui disposaient d'un confortable bas de laine ? Mais dans ce cas, fallait-il tenir compte du temps que chacun avait passé à travailler auparavant ? Ces questions n'avaient pas été tranchées.

Lorsqu'une opportunité s'est présentée pour l'achat d'un terrain, le projet est soudain passé à une phase beaucoup plus concrète et ces questions sont revenues avec force avec la question des affinités de chacun avec les autres membres du groupe qu'ils ne connaissaient pas forcément de puis longtemps.

lundi, octobre 26 2009

Je veux vivre à la campagne !

Je suis un citadin. Je suis né en ville et j'y ai toujours vécu. Lorsque je regarde la situation et la vie des autres, je sais que je n'ai pas à me plaindre. J'ai eu un environnement familial sain, je n'ai pas eu de problème particulier durant ma scolarité et j'ai pu suivre toutes les études que j'ai voulu. Aujourd'hui, j'ai un emploi satisfaisant et bien payé, j'ai pu largement aménager mon contrat selon mes désirs. J'ai donc un bon revenu et pas mal de temps libre. Je vis dans un grand appartement, j'ai pas mal d'amis et j'ai les moyens de m'offrir ce que je souhaite, qu'il s'agisse d'appareils électroniques, de sorties ou de vacances.

Et pourtant, sans être malheureux, je ne suis pas du tout satisfait de ma façon de vivre.

Lorsque j'étais adolescent, j'ai pris conscience de plusieurs choses, telles que l'injustice de la société occidentale qui crée beaucoup de pauvres et peu de riches, l'injustice du monde qui appauvrit les pays du sud et enrichit les pays du nord, le coté éphémère de la vie, le coté insignifiant de la Terre dans l'univers ou d'un individu humain sur terre, les destructions de l'environnement dues à notre mode de vie ou à la recherche profits.

J'ai assez vite acquis la conviction que tout ceci ne tournait pas rond et que je ne souhaitais pas y participer. S'en est suivi un choix assez limité : me suicider, m'exiler vivre en ermite dans les bois ou en clochard sous les ponts, ou continuer à vivre "normalement" en essayant d'adapter mon quotidien à mes convictions mais sans nuire à mon intégration sociale en attendant de trouver un moyen de les mettre en pratique le mieux possible.

J'ai choisi la dernière solution.

En parlant de convictions, voici en vrac quelques unes de mes convictions phylosophico-politico-je-sais-pas-quoi dont certaines me sont venues plus tard :

  • pas la peine de s'en faire pour des trucs ou des gens pour lesquels on ne peut rien faire, je ne pleure donc plus lorsque je vois des images d'enfants mourant de faim ou victimes de guerres
  • notre mode de vie ne devrait pas être nuisible à l'environnement
  • l'espèce humaine est néfaste car la seule capable et en train de détruire les autres
  • la société de consommation ne rend pas heureux et détruit l'environnement
  • la recherche sans fin de croissance et de développement n'a aucun sens
  • la religion chrétienne met la nature et ses espèces au service de l'homme et justifie ainsi les pillages et les destructions

Pour parvenir à vivre plus ou moins en accord avec mes convictions sans sacrifier ma vie sociale, j'ai commencé par appliquer un principe simple : moins je consomme, moins j'ai besoin d'argent, moins j'ai besoin de travailler. Ce qui présente de nombreux avantages. D'abord, si je travaille moins, je produis moins. Je participe donc moins à la croissance, à la surexploitation des ressources, à la production de polluants divers et de gaz à effet de serre. Et, bien entendu, je dispose de davantage de temps libre pour vivre ma vie. Si je consomme moins, c'est un peu pareil. Mais en plus, j'économise le temps de shopping, je possède moins de choses inutiles et encombrantes etc. Et je me passe des plaisirs immédiats et futiles qui tendent à remplacer les expériences riches et les liens sociaux.

Mais, pour ne pas sacrifier mon intégration sociale (familles, amis etc.), je consomme tout de même les choses "standards" comme le matériel informatique, audio-visuel (lecteur DVD, chaîne HI-FI) etc.

Ca fonctionne plutôt bien.

Mais aujourd'hui, je pense avoir trouvé la bonne voie : vivre à la campagne avec mes amis et rechercher l'autonomie.